Communiqué de presse
CYBERSÉCURITÉ

La Chaire cyberdéfense et cybersécurité Saint-Cyr, Sogeti, Thales fête ses deux ans

La Chaire cyberdéfense et cybersécurité de Saint-Cyr, Sogeti, Thales a organisé, le mercredi 14 mai, une journée qui s’est déroulée en deux temps : un bilan des deux années passées depuis la création de la Chaire, suivi d’un colloque sur le thème « (Re)bâtir la cyberconfiance entre partenaires et alliés ».

Daniel Ventre, titulaire de la Chaire, a dressé un bilan très positif des travaux réalisés au cours des deux dernières années. La Chaire fait état d’une production de 70 articles publiés, 7 ouvrages parus (et à paraître), 5 chapitres d’ouvrages, 6 conférences et journées d’études organisées, plusieurs en préparation, et d’une participation à 30 manifestations nationales et internationales.  Ces résultats sont le fruit d’une collaboration de 140 contributeurs, français et étrangers, dont les travaux ont été coordonnés par la Chaire. Sur le volet « formation », la Chaire proposera à la rentrée 2014 une formation à la gestion de crise cyber, et irriguera par ses recherches l’enseignement dispensé dès la rentrée 2015 dans un mastère spécialisé en cyberdéfense, qui sera ouvert aux officiers de toutes les armées ainsi qu’aux agents d’autres ministères, à des opérateurs d’importance vitale et à des partenaires internationaux.

Pour Thales et Sogeti, ces travaux confirment la nécessité de sensibiliser les acteurs étatiques et privés aux risques et menaces du cyberespace, à ses évolutions et opportunités ainsi qu’à l’obligation qu’ils ont de les anticiper. Les solutions et les réponses à apporter doivent associer les compétences techniques et les expertises sociétales, juridiques, politiques et stratégiques, civiles et militaires pour à la fois défendre notre souveraineté nationale et privilégier des partenariats de confiance avec des pays tiers.

Colloque « (Re)bâtir la Cyberconfiance entre partenaires et alliés ? »

Dans un contexte international où des Etats, des entreprises, des groupes d’individus exploitent à des fins stratégiques des données recueillies massivement, les intervenants ont tenté de répondre à la question capitale de la reconstruction de la cyberconfiance entre partenaires et alliés, dans un cadre juridique à ce jour incertain.

La sécurité des Etats repose en grande partie sur le renseignement technique et plus particulièrement sur le renseignement d’origine électromagnétique. C’est encore plus vrai pour les pays anglo-saxons depuis le
11 septembre. Les révélations d’Edouard Snowden sur l’existence de systèmes et procédés d’écoute voire intrusifs (PRISM, Quantum, réseau d’écoute SIGINT), actifs et toujours légaux au regard des lois américaines, ont ébranlé la confiance entre partenaires traditionnels et alliés. Pourtant, la menace croissante du cyberterrorisme, de la cyberguerre et de la cybercriminalité  contraint les alliés à travailler ensemble pour se protéger. Restaurer la confiance est une condition sine qua non. Elle ne pourra revenir qu’accompagnée d’accords interétatiques et d’une législation internationale. Face à la cybermenace, l’enjeu est de trouver l’équilibre pour garantir la sécurité nationale tout en respectant la vie privée des citoyens.

Pour David CVACH, Directeur adjoint du Centre d’analyse, de prospective et de stratégie, ministère des Affaires étrangères et du développement international , la question de la confiance n’est pas significativement modifiée par le cyberespace, mais il convient toutefois de relever quelques particularités. Tout d’abord, le changement d’échelle : si le monde des relations internationales est faiblement régulé, le cyberespace ne l’est pas du tout ; le cyberespace rend la méfiance plus facile à distiller entre les Etats. Il est légitime d’exprimer le manque de confiance envers les pays alliés en raison de leurs pratiques, mais il faut être conscient que cela nous affaiblit nous-mêmes. Renvoyer l’image d’un manque de confiance à l’égard de pays alliés n’est pas sans conséquence sur la scène internationale. L’un des enjeux aujourd’hui est de savoir conférer au cyberespace un pouvoir égalisateur, comme l’est l’atome. 

Sur le plan juridique, la France et plus généralement  l’Europe se différencient des Etats-Unis, au risque de se couper du reste du monde. Malgré la volonté européenne et nationale de protéger les libertés individuelles et d’anticiper les risques dans le cyberespace, une adaptation de nos lois à l’inéluctable interconnexion généralisée des systèmes et des individus est une question à laquelle nous ne pourrons échapper.

L’histoire nous apprend que les alliances se créent pour faire face à une adversité et des menaces communes. Il en est de même dans le cyberespace, même si ces alliances restent très liées aux intérêts des pays, notamment économiques. Elles sont appelées à se construire face à des menaces communes, et conduisent les pays alliés à partager leur vision et leur compréhension du monde. Pour autant, le besoin de communiquer et donc de  se dévoiler  ne pourra raisonnablement pas se faire dans un espace aussi large que l’Europe, constituée de pays aux intérêts culturels ou économiques divergents. Le partenariat est plus facile et donc plus réaliste de façon bilatérale.

La France peut jouer un rôle majeur dans l’organisation du cyberespace de demain. Il lui faut pour cela aller au-delà des crises de confiance telles que celles que nous vivons, et travailler sur des solutions industrielles innovantes, sécurisées, et évolutives, intégrées en amont dans les systèmes d’information. C’est à ce prix, en s’appuyant sur des industriels dynamiques, et avec une approche de partenariats à long terme, qu’elle restera un allié de confiance crédible sur la scène internationale.

Le colloque a permis de soulever les défis majeurs que pose le cyberespace, dans toutes ses dimensions : sociétale, juridique, diplomatique et industrielle. Instaurer un climat de confiance et de sécurité entre partenaires industriels et de Défense est une priorité ; la Chaire de cyberdéfense-cybersécurité a vocation à y contribuer.

Pour un accès direct à l’enregistrement du colloque, connectez-vous au site des Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan www.chaire-cyber.fr 

A propos de la chaire

La chaire Cyberdéfense et Cybersécurité, inaugurée le 2 juillet 2012, a pour ambition de mieux comprendre les enjeux de la cybersécurité et de la cyberdéfense en analysant la diversité de ses composantes : ses acteurs, ses composantes techniques, juridiques, ses aspects politiques, stratégiques, etc. en associant les compétences militaires et civiles. Cette chaire est le fruit d’un partenariat entre les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan, la fondation Saint-Cyr, Sogeti et Thales.

Les objectifs de la chaire :

- Mettre en place un programme de recherche de haut niveau

- Développer des enseignements dans le domaine de la cyberdéfense en formation initiale et en formation continue

- Fédérer une communauté nationale et internationale

- Installer, à terme, un centre d’expertise sur les questions de cyberdéfense pour les forces aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan.

Les partenaires de la chaire :

  • Ecole des chefs du temps de paix et du temps de guerre, les écoles de Saint-Cyr Coëtquidan assurent la formation militaire initiale de tous les officiers de l'armée de Terre.
  • Reconnue d’utilité publique, la fondation Saint-Cyr a pour but de valoriser la recherche au sein des écoles de Saint-Cyr Coëtquidan et de la Défense par un partenariat accru avec les acteurs de la vie civile.         
  • Sogeti, filiale à 100% du groupe Capgemini, est l’un des leaders mondiaux des services informatiques et d’ingénierie de proximité, spécialisé dans la gestion des applicatifs et des infrastructures, le conseil en technologies, la cybersécurité et le testing.
  • Thales est l’un des leaders mondiaux des hautes technologies pour les marchés de la Défense, de la Sécurité de l’Aérospatial et du Transport et se positionne comme leader européen de la cybersécurité.

Site internet de la Chaire : www.chaire-cyber.fr

todo todo
CONTACT
  • Anne Baylac Sogeti presse
    Anne Baylac
    Responsable des relations presse
    +33 (0)1 55 00 12 36
TWITTER